Gemini 4 Argon : qui peut utiliser le nouveau modèle de Google ?
Gemini 4 Argon est le nouveau modèle haut de gamme de Google, annoncé le 30 septembre 2026. D’après les tests publiés par Google, il arrive premier sur 12 évaluations sur 18 face à GPT-6 Astra et Claude Opus 5.5, et peut produire jusqu’à un million de tokens en une seule réponse. Mais vous ne pouvez pas encore l’utiliser : il est réservé à des spécialistes de la cyberdéfense, et Google ne donne aucune date pour les développeurs, les entreprises ni le grand public.
Ce que Google a annoncé
L’annonce officielle est signée Koray Kavukcuoglu, vice-président senior de Google DeepMind et architecte en chef de l’IA chez Google. Elle présente Argon comme un modèle taillé pour les travaux longs : développement logiciel, dossiers juridiques et financiers, cyberdéfense. Trois faits à retenir :
- Un million de tokens en sortie. Les modèles Gemini précédents s’arrêtaient à 64 000. Un token est un fragment de mot : en ordre de grandeur, la limite passe d’un court livre à plusieurs gros volumes.
- Un prix d’appel. 2 $ par million de tokens en entrée et 10 $ en sortie au lancement, puis 4 $ et 20 $, sans que Google précise quand le tarif changera. L’entrée mise en cache est facturée 95 % moins cher.
- Un usage interne déjà chiffré. Google dit avoir confié à Argon le remplacement de 32 000 lignes de code de son décodeur vidéo libgav1, pour un résultat 2,7 fois plus rapide, rapporte VentureBeat.
Le tarif de lancement est celui de GPT-6 Sol, le tarif définitif celui de Claude Opus 5.5, les deux modèles sortis le 22 septembre. Selon Google, Argon sait aussi trouver, valider et corriger seul des failles de sécurité critiques. C’est cette capacité qui explique la suite.
Ce que disent les tests, et leurs limites
Dans le tableau comparatif de Google, détaillé par VentureBeat, Argon arrive seul en tête sur 12 tests, à égalité sur un autre et derrière sur cinq. Quelques résultats parlants pour une entreprise :
- Droit (Harvey Legal Agent) : 19,6 %, contre 5,4 % pour GPT-6 Astra et 3,8 % pour Claude Opus 5.5.
- Finance (Vals Finance Agent v2) : 65,4 %, contre 58,6 % pour Opus 5.5 et 53,5 % pour Astra.
- Automatisation (AutomationBench) : 51,3 %, contre 42,5 % et 41,4 %.
- Code (DeepSWE v1.1) : 77,9 %, contre 74,2 % et 74,1 %.
Argon ne gagne pas partout : GPT-6 Astra le devance sur FrontierSWE v2 (65,5 % contre 55,0 %) et Claude Opus 5.5 sur Terminal-bench 4.0 (66,4 % contre 57,4 %). Deux réserves s’imposent. Ces chiffres sortent du tableau de Google lui-même ; MacGeneration relève que Reuters parle plus prudemment d’un modèle « comparable » aux meilleurs d’OpenAI et d’Anthropic sur certains tests. Et même en tête, un score de 19,6 % en droit signifie que quatre tâches juridiques sur cinq échouent encore.
Qui peut l’utiliser aujourd’hui
Presque personne. « Safely releasing frontier capabilities at this level requires a phased approach », écrit Koray Kavukcuoglu : diffuser sans risque des capacités de ce niveau exige une approche par étapes. Un modèle capable de corriger des failles sait aussi les trouver, et Google préfère que les défenseurs passent les premiers. L’ordre annoncé :
- Des défenseurs cyber de confiance, via le programme Fairwind de Google. Il réunit plus de 650 partenaires (gouvernements, autorités nationales de cybersécurité, opérateurs d’infrastructures critiques), dont seule une partie reçoit Argon, précise SFEIR.
- Le gouvernement américain, dans le cadre de son processus volontaire d’accès anticipé aux modèles.
- Les clients payants de l’API et les abonnés Google AI Ultra, « as soon as possible » : dès que possible, sans date.
- Les développeurs, les entreprises et le grand public, ensuite, par élargissements successifs.
Ce déploiement prudent devient la norme pour les modèles les plus capables : en août, OpenAI avait mis en pause Astra pour des raisons voisines. Quant au programme Fairwind, on y entre sur candidature, et il s’adresse aux autorités publiques, aux opérateurs d’infrastructures critiques et aux mainteneurs de logiciels, indique le Blog du Modérateur.
Ce que ça change pour vous
- N’attendez pas Argon. Sans date d’ouverture, suspendre un projet pour lui n’a pas de sens. Les modèles disponibles aujourd’hui, dont Gemini 3.8 Flash, couvrent l’essentiel des besoins d’une PME.
- Lisez les classements tâche par tâche. Premier sur 12 tests, derrière sur 5 : aucun modèle ne domine tout. Le bon choix dépend de ce que vous lui faites faire.
- Préparez votre propre banc d’essai. Mettez de côté trois à cinq tâches réelles de votre métier (un contrat à relire, un export comptable à analyser, un courriel délicat) avec le résultat attendu. Le jour où Argon s’ouvre, vous saurez en une heure s’il fait mieux que votre outil actuel.
- Budgétez sur le prix définitif. Si vous utilisez l’API, calculez avec 4 $ et 20 $ : le tarif à 2 $ et 10 $ est provisoire.
- Gardez un relecteur. Une sortie d’un million de tokens permet de produire un document entier ou une migration de code d’une traite. Plus la réponse est longue, plus le contrôle humain compte.
- Tenez vos logiciels à jour. Des IA qui trouvent les failles finiront par se diffuser, chez les défenseurs comme chez les attaquants. Mises à jour et double authentification restent les premières protections.
Gemini 4 Argon est-il disponible dans l’application Gemini ?
Non. Au 2 octobre 2026, il est réservé à des partenaires de cyberdéfense via le programme Fairwind. Google promet ensuite l’accès aux clients payants de l’API et aux abonnés Google AI Ultra, « dès que possible », sans date.
Combien coûte Gemini 4 Argon ?
Sur l’API, 2 $ par million de tokens en entrée et 10 $ en sortie au lancement, puis 4 $ et 20 $. Google n’a pas indiqué quand le tarif de lancement prendra fin.
Les modèles se succèdent tous les mois ; ce qui dure, c’est la méthode pour les évaluer sur vos propres tâches, les intégrer à votre travail et relire ce qu’ils produisent. C’est ce que transmettent les formations IA de Vincent Lévi, de l’IA Académie à Business IA. Pour former votre équipe, contactez-nous.



