GPT-6 Astra : OpenAI lance l’IA qui pilote votre ordinateur
OpenAI a lancé le 3 septembre 2026 GPT-6 Astra, son nouveau modèle de pointe, présenté comme l’état de l’art du pilotage d’ordinateur : il remplit des formulaires en ligne, met à jour des fiches clients dans un CRM et range un agenda comme le ferait un employé devant l’écran. Il coûte 10 $ le million de tokens en entrée et 50 $ en sortie, deux fois et demie GPT-5.6 Sol, et arrive « dans les prochains jours » dans les abonnements payants de ChatGPT et dans l’API. Premier modèle classé « critique » en cybersécurité, il est livré au public dans une version bridée.
Ce qu’OpenAI a annoncé
Dans le billet officiel, OpenAI décrit Astra comme le meilleur modèle du marché en pilotage d’ordinateur, navigation web, ingénierie logicielle, cybersécurité et science, avec des exemples terre à terre : formulaire en ligne, fiches CRM, calendrier. Greg Brockman, cofondateur et président d’OpenAI, dit qu’Astra « file à travers les tableurs, remplit les formulaires et navigue de page en page souvent à une vitesse surhumaine », rapporte Fortune.
- Disponibilité : quelques organisations le 3 septembre, puis ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, l’API, Microsoft Azure et AWS Bedrock « dans les prochains jours ». Les comptes gratuits ne figurent pas dans l’annonce.
- Fiche technique : 1 050 000 tokens de contexte, 128 000 en sortie, connaissances arrêtées au 30 avril 2026, texte et images en entrée, selon la documentation de l’API.
- Prix : 10 $ le million de tokens en entrée, 50 $ en sortie, 1 $ pour l’entrée en cache. Le mode rapide double le tarif, le traitement par lots le divise par deux. Au-delà de 272 000 tokens dans une requête, l’entrée coûte deux fois plus cher et la sortie une fois et demie.
Pour situer, GPT-5.6 Sol est vendu 4 $ en entrée et 20 $ en sortie depuis le 21 août. Brockman assume l’écart : « facturer des tokens n’a aucun sens », dit-il à VentureBeat, ce qui compte est le prix par tâche accomplie.
Les chiffres : très fort devant l’écran, pas partout
Sur OSWorld 2.0, le test de référence du pilotage d’ordinateur, Astra réussit 72,6 % des tâches en 40 minutes chacune en moyenne, contre 65,7 % en 75 minutes pour GPT-5.6 Sol et 70,2 % pour Claude Opus 5, d’après les données reprises par DataCamp. Sur ExploitBench, le test de cyberattaque, il atteint 100 %, contre 78,5 % pour Sol. Sur FrontierMath Tier 4, le test de mathématiques le plus difficile du moment, il obtient 97,6 %, contre 87,8 % pour Claude Fable 5.1, sorti deux jours plus tôt. Deux nuances :
- Sur Terminal-Bench 4.0, les tâches de ligne de commande, l’écart avec Fable 5.1 tient en deux points (57,7 % contre 55,8 %). Sur Humanity’s Last Exam avec outils, Astra reste derrière, 57,2 % contre 65,0 %.
- Le 99,9 % sur ARC-AGI-3, mis en avant par OpenAI, est obtenu avec un harnais maison qui conserve l’état entre les actions. Via l’API standard, Fortune rapporte 66 %, contre 30 % pour Opus 5 et 7,8 % pour Sol.
« L’ère de l’AGI » : ce qu’il faut en retenir
Brockman a clos la présentation par « bienvenue dans l’ère de l’AGI », et Axios résume la position d’OpenAI : le modèle « pourrait représenter » une intelligence artificielle générale. Le mot est commercial autant que technique. La nuance vient de l’intérieur : Jakub Pachocki, directeur scientifique, rappelle que « le progrès en intelligence ne garantit pas le progrès en alignement ». Un chiffre d’OpenAI va dans ce sens : sans garde-fous de production, GPT-5.6 Sol dépassait la cible autorisée dans 48 % des tests d’agents ; Astra, dans 0 %. Des chercheurs en sécurité cités par Fortune jugent pourtant la nouvelle architecture plus difficile à surveiller.
Cybersécurité : la version que vous aurez est bridée
Le 7 août, OpenAI avait suspendu une partie du développement d’Astra parce que ses capacités approchaient le seuil « critique » de son cadre de sécurité. Quatre semaines plus tard, le seuil est franchi et assumé : c’est le premier modèle d’OpenAI classé à ce niveau, et il a découvert deux failles inconnues pendant son évaluation, selon VentureBeat. La version grand public refuse les tâches avancées de cybersécurité : refus entraînés dans le modèle, classifieurs au niveau du système, détection hors ligne des abus répartis sur plusieurs requêtes. Les capacités complètes passent par Daybreak, réservé aux défenseurs vérifiés. Le même jour, OpenAI a promis 1 milliard de dollars d’accès subventionné sur six mois aux opérateurs d’eau et d’électricité, aux collectivités et aux mainteneurs de logiciels libres, États-Unis d’abord. Pour une PME suisse, le modèle qui trouve des failles tout seul existe, et vous n’en aurez que la version défensive : les réflexes de base restent votre vraie protection.
Ce que ça change pour une PME
La nouveauté utile n’est pas le débat sur l’AGI, c’est un modèle qui exécute des tâches devant l’écran avec un taux de réussite qui justifie un test sérieux. Trois conseils :
- Choisissez trois tâches répétitives qui se font à la souris : saisie de commandes dans un outil de gestion, mise à jour de fiches clients, formulaires administratifs. Chronométrez et comptez les erreurs sur vingt cas réels. Quarante minutes par tâche, c’est plus lent qu’un employé entraîné, mais sans horaire.
- Raisonnez en prix par tâche, avec vos chiffres. À 50 $ le million de tokens en sortie, Astra a sa place à l’étage du haut de votre grille de modèles, pour les tâches longues à forte valeur, pas pour résumer un courriel.
- Traitez l’agent comme un nouvel employé : un compte dédié, des droits limités à ce qu’il doit faire, un journal de ses actions. Un modèle qui clique avec votre session a exactement vos pouvoirs.
Quand GPT-6 Astra sera-t-il disponible dans ChatGPT ?
« Dans les prochains jours » après le 3 septembre 2026, pour les abonnés Plus, Pro, Business et Enterprise, dans une version qui refuse les tâches avancées de cybersécurité. Aucune date pour les comptes gratuits.
GPT-6 Astra est-il vraiment une intelligence artificielle générale ?
OpenAI le suggère, sans le certifier. Les résultats sont nets sur le pilotage d’ordinateur, la cybersécurité et les mathématiques, mais Claude Fable 5.1 reste devant sur au moins un test de raisonnement général. Le terme dit que le modèle prend en charge des tâches complètes, pas qu’il remplace le jugement humain.
Un modèle qui travaille devant l’écran à votre place déplace la question : non plus « que peut-il écrire ? » mais « que puis-je lui confier, et avec quels droits ? ». C’est ce que les formations IA de Vincent Lévi apprennent à trancher, tâche par tâche, avec les règles de sécurité qui vont avec. Pour évaluer Astra sur vos propres processus, écrivez à l’équipe : un test comparé sur trois tâches tient en une journée.




